Le D-DAY et les sous-marins

Article publié le mardi 8 juin 2004

L’opération Gambit pendant le débarquement de Normandie

Il vient d'être célébré comme il se doit le 60° anniversaire du débarquement des alliés en Normandie. Il a été fait état des pertes subies par les américains et leur erreur d'atterrissage; Le court récit qui suit vous dira peut-être pourquoi cela ne c'est pas produit chez les britanniques et les canadiens.

OPERATION « GAMBIT »

« S'ils doivent venir, c'est ici qu'ils arriveront! » Ainsi s'exprimait le Field Marshall Rommel sur la plage d'Ouistreham en mai 1940. Et il avait raison. L'invasion de l'Europe offre la chance aux sous-marins de poche d'écrire une page supplémentaire dans la glorieuse histoire des services sous-marins. Avec l' X20 et l' X23 revient l'honneur d'avoir conduit les forces britanniques et canadiennes sur les plages de «Juno» et «Sword». Plus à l'ouest les américains refusent l'utilisation des X disant que cette opération de marquage de la plage n'est pas nécessaire et ce manque de confiance dans l'utilisation des X Craft (Sous-marin de poche) comme poteau indicateur leur coûta cher. Ainsi commence le livre de Mme Pamela Mitchell (épouse du concepteur des sous-marins de poche britannique) qui relate cette aventure (Voir ""Plongée"" Annuel année 1994-1995). En Avril 1944 un premier exercice de débarquement avait eu lieu à Slapton Sands et les américains avaient perdu 2 LST et 600 hommes. Une flottille de torpilleurs allemands avait surpris le convoi et avait coulé deux LST sans importuner les autres nombreux navires de l'exercice. Ils ignoraient qu'il s'agissait là des prémices du débarquement. L'idée des britanniques était de positionner deux sous-marins de poche sur les plages où ils devaient débarquer et ce quelques jours avant, pour les guider mais aussi pour les renseigner sur les forces ennemies. C'est le 2 juin que remorqués par des chalutiers ils quittent l'Angleterre. La mer et moyenne, mais pour un sous-marin de poche c'est beaucoup. Ils sont 5 à bord de l'X20 et 4 à bord de l' X23; habituellement l'équipage se compose de 3 hommes. Tout est prévu. Ils disposent de faux papiers français pour le cas où ils devraient abandonner leur sous-marin. Ils sont largués à 60 kilomètres des côtes françaises. Après avoir été largués ils restent en plongée périscopique pendant 17 h 59 m. A l'aube du 4 juin ils arrivent sur les plages de «Sword» (Ouistreham) et de «Juno». Leurs observations sont rassurantes. Les allemands se prélassent au soleil, lavent leur linge, se déplacent à cheval. Le 5 ils apprennent que l'opération est retardée d'un jour. Ils restent muets puisqu'il n'y a rien de dangereux à signaler. En effet, il n'y a pas d'effervescence du côté allemand, s'ils se promènent dans les dunes à cheval c'est que rien n'est miné. A 17 heures cette fois c'est annoncé pour le lendemain. Ils profitent de la nuit pour faire un repas chaud et préparent un mat qui dès 5 heures du matin est équipé d'une lumière verte dirigée vers la mer. Ils sont inquiets car la mer monte un peu. Cela ne fait rien ils se signalent aussi en frappant sur une barre de fer placée dans l'eau. «le Bong» Le son se répercute à 12 miles au loin. Ils sont bien repérés et les bateaux se dirigent là où il était prévu. A 9 heures le 6 juin leur mission est terminée. Aucun engin de débarquement n'est allé ailleurs que là où il devait aller. Ils rentrent en Angleterre. On a souvent reproché aux britanniques d'avoir des idées soit farfelues ou suicidaires, mais souvent aussi elles ont été payantes. De nombreux faits de guerre des sous-marins sont restés sous silence et il est bon de temps à autre de rendre hommage à leurs équipages.

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