Les arpets, 50 ans après - Une école de la Marine Nationale.

dimanche 2 octobre 2005.
 

Se trouver à Toulon lors des journées du patrimoine et ne pas aller faire un tour aux " Arpets " à Saint-Mandrier, juste 50 ans après y avoir été incorporé serait vraiment dommage.

C’est avec un ami, ancien de l’école également, mais de 3 ans mon aîné à l’arrivée de cette vénérable "École des Apprentis Mécaniciens" que nous avons fait une petite visite, et nous vous invitons à nous suivre. Pour la bonne compréhension,les orientations gauche et droite sont prises dans le sens de la montée vers le bâtiment État-major.

Les amis visiteurs - 17.5 ko
Les amis visiteurs

Vu de la mer on ne trouve pas grand changement

La belle vue - 14.7 ko
La belle vue

Les bâtiments principaux sont toujours là .

A l’entrée il y a maintenant un insigne qui porte le nom de C.I.N.

L’insigne - 16.1 ko
L’insigne
.

Autrefois entre les deux bâtiments il y avait un mur assez haut et au centre une grille . Cette dernière était surmontée de l’insigne de l’école ; un insigne de mécanicien avec une ancre en son centre ; et le nom de l’école.

Ce qui frappe lorsque la porte est franchie c’est que l’on ne voit plus le bâtiment de l’état-major. Les arbres ont grandi et leur feuillage masque le bâtiment. L’un d’eux forme un véritable parasol.

A l’entrée, le bâtiment de gauche était le BSI où siégeait et où il siège toujours le Capitaine d’Armes.

L’aubette. - 16.2 ko
L’aubette.

Il n’avait en charge que le personnel permanent de l’école et quelques apprentis chargés de la garde.

Celui de droite

L’armurerie - 20 ko
L’armurerie
était l’armurerie où nous allions chercher les fusils Mauser qui nous faisaient tant souffrir en raison d’un verrou placé à l’arrière de la culasse et qui nous malmenait les épaules ;. Les instructeurs disaient : "plus vite vous ferez correctement le mouvement, plus vite vous serez soulagés" Ils ne mentaient pas et nous arrêtions dès le mouvement bien exécuté. Mais s’il y avait une bêtise de faite il y avait un tour de terrain supplémentaire.

Autrefois à l’exception du bâtiment État-major, tous les bâtiments étaient des locaux qui servaient à la fois de dortoir et de réfectoire. Comment cela se présentait ? Il s’agissait d’une pièce unique. Au centre de cette pièce plusieurs portiques métalliques qui supportent des cornières parallèles aux murs. Sur les cornières les plus hautes sont posées les tables ; qui n’ont pas de pied fixe ; lorsqu’elles ne servent pas. Sur une cornière un peu plus basse il y avait les crochets des hamacs, l’autre extrémité étant dans le mur. Encore un peu plus bas deux cornières où l’on fixait les tables et bancs à l’aide de deux ergots. Les pieds étaient simplement enclavés dans l’autre extrémité et il y avait lieu de faire attention à ne pas les cogner car tout tombait. Contre les murs, les caissons sur lesquels on plaçait les hamacs pliés dans la journée.

La chambrée - 10.5 ko
La chambrée

Franchie la porte d’entrée de l’école il y a toujours les deux premiers bâtiments reliés par un préau. Dans le bâtiment de gauche il y avait au rez-de-chaussée les apprentis torpilleurs puis au- dessus, les élèves du cours de quartiers maîtres mécaniciens puis les élèves BS et la musique. Il y a maintenant le personnel de service de la journée et les logements pour le personnel féminin.

Le bâtiment des torpilleur à l’identique de celui des maistranciers - 13.8 ko
Le bâtiment des torpilleur à l’identique de celui des maistranciers

Dans celui de droite les maistranciers, et au bout du bâtiment les permanents . A l’extrême droite les salles de cours des maistranciers, Q/M et BS

Les salles de cours maistrance - 20 ko
Les salles de cours maistrance

Puis c’est le grand espace entre les trois autres principaux bâtiments .Ce grand espace a quelque peu changé, il a été un peu mieux aménagé et les bancs sont moins nombreux. Les fameux bancs des pays. Oui chaque région avait son banc autour duquel les apprentis originaires d’une même région se rencontraient . C’était le seul endroit où l’ancienneté ne jouait pas.

Les espaces aménagés.Sur le banc de faux anciens.On peut voir en arrière pla, les arbres qui font parasol. - 21.7 ko
Les espaces aménagés.Sur le banc de faux anciens.On peut voir en arrière pla, les arbres qui font parasol.

A gauche étaient les armuriers et les mécaniciens, et au bout le foyer. A droite les mécaniciens et le "CAMA ". Capitaine d’arme Maistrance et Apprentis, et le coiffeur C’est de ce bureau que se réglait la vie de l’école, comme un BSI., Aujourd’hui les deux bâtiments ne sont que des salles de cours.

Le CAMA en face le bâtiment des armuriers à l’identique. - 18.7 ko
Le CAMA en face le bâtiment des armuriers à l’identique.

Derrière celui de gauche il y a toujours le terrain de sport, endroit où l’on souffrait en faisant des "gueuses". Il y a aussi encore le bâtiment de l’infirmerie et celui où étaient les officiers mariniers instructeurs. Les chambres, la cuisine et le réfectoire.

Le bâtiment de l’informerie et celui des officiers mariniers instructeurs, devant le terrain de sport. - 10.7 ko
Le bâtiment de l’informerie et celui des officiers mariniers instructeurs, devant le terrain de sport.

Derrière celui de droite, il y a l’emplacement de la souillarde et du lavoir. La souillarde, un endroit bien particulier ; Une chaudière chargée de fournir l’eau chaude et deux rampes de robinets au- dessus de bacs qui contenaient bien vite une eau grasse car la chaudière ne réussissait pas à fournir suffisamment d’eau chaude. Malheur à ceux qui arrivaient les derniers, ils avaient bien du mal à dégraisser les gamelles surtout lorsqu’il y avait de la sauce tomate. L’apprenti qui était de service à ce poste était bien souvent la cible des reproches. Il avait intérêt à mettre sa plus vielle tenue de travail car s’occuper de la chaudière n’était pas un poste de tout repos. Le lavoir a été transformé en garage à vélos.

Au premier plan, l’emplacement de la souillarde, sous le préau l’emplacement du lavoir. A droite le mur de soutien de la rampe menant aux cuisines. - 13.3 ko
Au premier plan, l’emplacement de la souillarde, sous le préau l’emplacement du lavoir. A droite le mur de soutien de la rampe menant aux cuisines.

Il y avait, et elle est toujours là, la rampe qui menait aux cuisines et la cambuse. Les bâtiments sont encore là.

La cuisine et la cambuse - 15.6 ko
La cuisine et la cambuse

Face à l’entrée le bâtiment de l’état major .

L’Etat-major - 18.6 ko
L’Etat-major

Le bâtiment d’état-major a conservé une partie de sa destination. Au dernier étage sous les combles il y avait le magasin d’habillement et la prison. Ah ! la prison, un local avec un bat- flanc et un gros bidon qui faisait usage de tinette, un pièce pour l’officier marinier de garde. Pour connaître ce lieu il faut y avoir fait un petit tour, et l’on pouvait y aller pour une bêtise. Au rez-de-chaussée la salle à manger des officiers a fait place à une salle que l’on peut dire d’honneur. Elle contient différents objets qui retracent l’histoire de l’école des mécaniciens depuis sa fondation à Lorient. Il y a des photos, des réalisations d’apprentis, des tenues, des documents, enfin tout ce qu’il faut pour voyager dans le temps. Les douches qui se trouvaient à une extrémité du bâtiment face au foyer ont été transformées en salle pour les arts martiaux.

Derrière le bâtiment état-major, le séchoir a été transformé en parking.

Et puis il y a la chapelle.

La chapelle - 14.7 ko
La chapelle

Elle est toujours là mais son accès est interdit. La toiture en mauvais état risque de s’écrouler. Cependant une présentation photographique de l’intérieur nous montre combien elle est bien conservée. Dans la rampe qui permet l’accès à la chapelle un petit espace a été crée à la mémoire des Apprentis morts pour la France ainsi qu’à la mémoire de ceux décédés lors d’un accident d’avion en 1977.

La crypte du souvenir - 12.8 ko
La crypte du souvenir

Dans la colline au- dessus de la chapelle, à droite et à gauche des bâtiments ont été construits. C’est là que logent maintenant les élèves. En face de la chapelle il y avait le cinéma, le bâtiment a été transformé en salle de cours . Les salles de cours des torpilleurs ont disparu et laissé la place, à une route et un grand bâtiment. Au fait à quoi sert-il ? J’ai oublié de demander. La route part dans la colline et conduit à ce fameux tunnel dont on parlait tant et qui maintenant mène à l’autre partie du CIN.

Route d’accès au tunnel - 12.6 ko
Route d’accès au tunnel

Il y a enfin les ateliers. Ils sont toujours là mais ils ne servent pas de la même façon. Il y avait dans ces grands ateliers froids, les ajusteurs, les tourneurs, les forgerons, les armuriers, les torpilleurs, les fondeurs. On formait de sacrés ouvriers la- dedans.

En route pour les ateliers - 16.3 ko
En route pour les ateliers

Voilà les grands changements de cette vénérable école.

A l’extérieur il y a toujours la petite darse où accostaient le Pipady et le Cavalas. Les lourds canots de 16 nageurs (rameurs) ont disparu, on ne se fait plus les muscles. De chaque côté de la darse on peut encore voir le bâtiment de la laverie et le grand bâtiment moteur, dont maintenant la moitié est inutilisée.

Le hall moteur et vapeur,ce dernier est complètement vide - 13 ko
Le hall moteur et vapeur,ce dernier est complètement vide

Le petit bâtiment des plongeurs et scaphandriers a disparu et il a été construit en partie sur le terrain où nous faisions du ballon militaire (une forme de rugby) et la formation militaire, un bâtiment école pour les plongeurs, démineurs et scaphandriers beaucoup plus grand. 2 BDC, l’Argens et la Dives ainsi qu’un Aviso Escorteur , protègent un petit port artificiel aménagé pour cette école de plongeurs.

L’avison escorteur servant de brise-lame. - 8.5 ko
L’avison escorteur servant de brise-lame.

Non loin de l’entrée un lieu célèbre a disparu : Le Château vert, il a été en partie détruit.

Voilà ce qu’est maintenant cette école. Nous avons été surpris de ne pas trouver plus d’anciens. Il y en avait quelques- uns et les échanges de souvenirs allaient bon, train : quelle année, quelle spé, etc, mais pas autant que l’on aurait pu le penser. Cela s’explique peut-être que ce lieu avait été indiqué comme "hôpital militaire maritime" (ce qui était sa première utilisation,) dans les lieux à visiter lors des journées du patrimoine.

Bien content d’avoir pu y revenir après 50 ans. De nombreux souvenirs sont revenus et si vous le voulez bien, prochainement je vous raconterai comment se déroulait la vie chez les apprentis torpilleurs à cette époque.


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