La base abri de Dunkerque de 1941 à 1958
article posté le 20-11-2006 à 00:00:00, par Jean-Luc DELAETER


La "forteresse" de Dunkerque(Festungen)



1941-1945



- Date de publicationn : 15 mars 2005 Dés le début de la guerre, l'éventualité d'un second front à l'Ouest dont l'ouverture serait provoquée par un débarquement des Alliés est devenue l'une des préoccupations majeures de l'Etat-Major allemand. Persuadé que le débarquement s'effectuera sur les côtes du Pas-de-Calais, le maréchal Rommel, nommé inspecteur général des défenses côtières de la Méditerranée au Danemark fait procéder à un renforcement des défenses. Tout le secteur côtier est alors classé hautement névralgique et l'occupant engage dans l'urgence des mesures préventives destinées à accroître ses possibilités d'intervention d'immédiate réplique à un assaut frontal sur le littoral. Hitler est convaincu que, lors du débarquement les Alliés vont tenter de s'emparer d'un port en eau profonde destiné à être utilisé en base logistique pour l'approvisionnement de leurs troupes en matériels et munitions. Sur tout le littoral européen occupé par l'armée allemande, il a déjà fait construire, depuis 1941, autour des grands ports et des estuaires, un ensemble de fortifications dont des bases sous-marines et de vedettes, des batteries côtières et antiaériennes, des monstres de béton. A la fin de l'année 1943, le Führer décrète que les secteurs portant les plus importantes structures défensives seront érigés en "forteresses" (Festungen) et décide, en février 1944, que celles-ci doivent être tenus jusqu'au dernier homme dans l'hypothèse où il devrait lancer une contre-offensive. Sur la côte française, onze places obtiennent ainsi ce statut. Du nord au sud: Dunkerque, Calais, Boulogne-sur-Mer, le Havre, Cherbourg, Saint-Malo, Brest, Lorient, Saint-Nazaire, La Rochelle et l'embouchure de la Gironde encadrée par Royan et la Pointe de Grave. la R.A.F. n'a guère contrarié vraiment ces constructions. Cependant, concernant le littoral, les bombardements n'ont pourtant pas manqué. Au début de mai 1941, la B.B.c. annoncera même que depuis septembre 1940, la R.A.F. a attaqué Boulogne 89 fois, Ostende 75, Calais 64 et Dunkerque 62. - 1941 : Début de construction de bases pour protéger les vedettes rapides (S-Boote) et les sous-marins (U-Boote) des bombardements dans les grands ports de l'ouest de l'Europe occupés par la Kriegsmarine. - En France : cinq grandes bases (U-Bunker) sur les côtes de l'Atlantique : Lorient , Brest , St Nazaire , La Pallice et Bordeaux . En Norvège , à Trondheim et Bergen . - En Allemagne , sur l'île de Heligoland. - Des bases de plus petites dimensions sont aussi construites pour abriter : les vedettes rapides (S-Boote) à Rotterdam , Ostende , Dunkerque , le Havre et Cherbourg et une autre à Ijmuiden pouvant abriter également les dragueurs de mines (R-Boote) . D'autres U-Bunker sont construits par la suite à Kiel , Hambourg et Bremen . La base sous-marine de Dunkerque, colossal ouvrage de 70 000 m3 de béton, dont la construction par l'entreprise Weiss et Freytag avait commencé en 1941, reposait sur trois mille pieux de béton de 35 cm de côté. Adossée au terre-plein sud du bassin d'évolution, auquel les navires accédaient par l'écluse Watier, longue de 175 mètres et large de 70, la base comportait treize boxes, protégés par une dalle épaisse de 3 m 10. Chaque box pouvait abriter un bateau ou un sous-marin. Il se fermait par une porte blindée à deux vantaux pesant quinze tonnes chacun. Quelques boxes étaient équipés de chariots pour soulever et mettre à sec les bateaux. La base sous-marine abrita, des dragueurs de mines, des vedettes rapides, des sous-marins de poche de la Kriegsmarine et les engins de servitude du port (remorqueurs, etc...), celle-ci comportait aussi des ateliers, des logements et des locaux divers ainsi que des réservoirs. Un moteur électrogène, enlevé dans une brasserie de la Basse-Ville, avait la capacité d'alimenter en énergie l'ensemble de la base. La base abri de Dunkerque était occupée par la 2.R-Boots-Flottille du KK Pinkepank et une partie de la 36. Minensuchflottille du KK Otto Ulrich. Le 21 février 1945, six vedettes E-Boote se réfugient à Dunkerque après une opération dans la Tamise. Ces navires harcèlerons les convois alliés en mer du Nord jusqu'à la fin des hostilités. La défense de la base s'appuie sur une demie-douzaine de pièces de 2 cm Flak 30 installées dans des encuvements sur le toit. La Base Sous-Marine fut sévèrement touchée par un bombardement allié en mars 1943. Ci-après le témoignage de Edouard DEWULF extrait du livre "Dunkerque 1944-1945 - Acteurs et témoins de la Libération" de l'association pour la mémoire de l'occupation et de la résistance en zone interdite (MEMOR Début août 1944, se produit un événement que certains ont mis à l'actif de la Résistance. La vérité m'oblige à dire qu'il n'en fut rien, encore que l'événement nous enchanta. Le 2 août, à Oh03 exactement, une explosion formidable, entendue dans toute la région dunkerquoise, rendit inutilisable la Base Sous-Marine construite par l'ennemi à l'Ouest du Port, près de l'écluse Watier. Elle abritait généralement des dragueurs de mines, des vedettes rapides, accessoirement des remorqueurs dunkerquois réquisitionnés, mais n'a jamais abrité de sous-marins. Un important atelier de réparation y était aménagé. Pour un sabordage éventuel, un dispositif de dynamitage comprenait des câbles qui longeaient les alvéoles prévues pour les navires en question. Par inadvertance, ce dispositif était resté sous tension après un contrôle effectué dans la journée du 1er août. A l'heure indiquée ci-dessus, un dragueur, au cours d'une manoeuvre d'accostage, racla le mur d'une alvéole et arracha le câble qui s'y trouvait. Celui-ci tomba à l'eau, bouclant ainsi le circuit de dynamitage et provoquant l'explosion. 32 Allemands furent tués, dont plusieurs officiers. Soupçonnés de sabotage, les équipages des deux remorqueurs qui s'y trouvaient alors, furent consignés à la base. La zone comprenant notamment la Raffinerie de Pétrole du Nord fut interdite. Le responsable du dispositif, qui, dans la journée, avait contrôlé tout le circuit et avait oublié de le couper, fut lui-même gravement blessé. C'est après 48 heures qu'il reprit conscience et, spontanément, avoua l'inqualifiable oubli qu'il avait commis et qui causa la catastrophe. Les équipages français furent relâchés. Cet homme, qui a gardé le remords d'avoir provoqué la mort de ses camarades, s'est toujours refusé à commenter l'événement. A la Libération il participa au déminage du Port. Des bruits ont circulé mettant la destruction de cette Base Sous-Marine au compte de la Résistance comme déjà dit, et insinuant que certaines personnes, engagées dans des procès, y avaient contribué. La vérité m'a obligé, dès le début, à faire la mise au point qui précède et c'est bien ce que, à l'époque, j'ai transmis à qui de droit après la libération des équipages des remorqueurs. Conformément à une décision de l'état-major suprême des forces alliées et après une visite du site par le capitaine de frégate KolbBernard, les Britanniques laissèrent enfin, le 18 mai 1945, la Marine nationale prendre en charge le port de Dunkerque. Les hommes du commandant Aclocque, qui dressèrent un inventaire des lieux et du matériel du port, et en assurèrent la surveillance, récupérèrent peu de choses. Ils prirent en compte toutefois quatre des curieux engins qu'étaient les sous-marins de poche. Deux de ceux-ci étaient rentrés à la base quelques jours avant la capitulation. Quant à la base sous-marine, elle ne présentait pas d'intérêt pour la Marine nationale. Comme la ville, le port étalait ses ruines à perte de vue. Aux dommages causés par les bombes et les obus s'étaient ajoutées des destructions délibérées. En avril 1944, les Allemands avaient miné les quais et les écluses afin de les faire sauter en cas de débarquement des Alliés. Aux premiers jours de septembre suivant, l'officier allemand exerçant les fonctions de commandant du port, Karl Schneider, avait fait exploser la totalité des charges. Quelques années plus tard, la France voulut d'ailleurs demander des comptes à cet officier coupable de vandalisme et un procès lui fut intenté, à Metz, en 1950. Schneider fut condamné à mort, mais par contumace. On l'avait perdu de vue après sa capture par les Britanniques. Quoi qu'il en soit, c'est un port démantelé que la guerre rendit aux Dunkerquois. Des trois écluses, seule la plus petite, l'écluse Guillain paraissait réparable à bref délai. Les écluses Watier et Trystram, aux bajoyers éventrés sur toute leur longueur, étaient hors d'usage pour longtemps. LE PORT ET LES CHANTIERS payèrent à la guerre un lourd tribut. Leurs installations, une première fois détruites par les bombardements aériens de 1940, et reconstruites pendant l'occupation (au moins en ce qui concerne les Chantiers) furent dévastées une deuxième fois par les destructions volontaires, auxquelles se livrèrent les occupants en 1945. Dès 1940, la presque totalité des hangars et des grues du port avait été brûlée ou détruite. Les Chantiers de France eux-mêmes, qui se trouvaient entre le poste de commandement du Bastion 32, et les parcs de chars et de voitures du square Turenne, avaient reçu, non seulement les coups longs ou courts, visant ces deux objectifs militaires, mais encore ceux qui leur étaient particulièrement destinés. En 1945, les destructions volontaires de l'occupant furent encore plus sévères que celles des bombardements de 1940. Tous les quais du port furent minés; les grues des Chantiers, leurs stations électriques, de force motrice, de force pneumatique furent systématiquement dynamitées. Il est impossible, si on ne l'a pas vu, de se rendre compte de l'état indescriptible dans lequel se trouvaient, à la Libération, les bâtiments effondrés, les grues renversées, les ferrailles tordues, les machines écrasées. Les travaux de reconstruction du port (celui-ci pour la première fois, puisqu'il n'avait pas été remis en état pendant l'occupation) et ceux des Chantiers (ceux-ci pour la deuxième fois), furent entrepris avec la plus grande ardeur. Encore faut-il noter que l'ensemble dut supporter, huit mois de plus que les autres ports français, l'occupation allemande, ce qui retarda le début de sa remise en activité, et freina considérablement le retour du personnel. On verra sur les photographies ci-après, l'état lamentable dans lequel la grande entrée avait été laissée, ainsi que les opérations de réparations et de remise en état des portes d'écluses de 43 mètres de large, qui avaient été construites en 1937 par les Chantiers. Une mention plus particulière doit être apportée au relèvement des deux grands pétroliers ravitailleurs d'escadre " Seine » et "Saône " (commandés en 1938 par la Marine Nationale): L'avancement de ces deux grands navires très poussé en 1940 N'ayant pu obtenir qu'ils fussent terminés, les allemands procédèrent, le 4 septembre 1944, à leur sabotage en les faisant sauter. A la Libération, les deux bâtiments furent trouvés dans une situation extrêmement critique. Sous l'effet de l'explosion, les deux navires s'étaient soulevés puis étaient retombés sur leurs cales de construction, en déplaçant et écrasant la bois d'attinage, ou bers de lancement, avec, dans les fonds, deux énormes brèches. Dans la région arrière, les quilles reposaient directement sur les cales, alors que les avants se trouvaient en porte-à-faux, les poutres constituées par les navires ayant pris bien entendu les caractéristiques de la déformation la plus générale. On pensait, tout d'abord, devoir abandonner les bâtiments. On réussit enfin à les sauver en mettant en oeuvre une solution extrêmement hardie, qui consistait à relever dans son ensemble, par des manoeuvres successives et par de nombreuses batteries de vérins, la masse de 6.000 tonnes que représentait chaque navire, et, par une opération appropriée, à remettre l'arrière dans le prolongement de l'avant. La conception de ce relevage original ne fut précisée qu'après de multiples études et tâtonnements. Chacun s'ingénia à apporter ses suggestions, de telle sorte que, peu à peu, fut mise au point la technique définitive, dont la préparation et l'exécution furent ensuite menées par tous avec une rapidité étonnante et une inlassable activité. Ces deux navires furent lancés en 1948. Les marées ravinaient les terre-pleins. Les anciens bassins semblaient épargnés, mais plus un poste à quai des darses n'était utilisable. Sur 12 km de quai, à peine 1 km 300 était à peu près intact. Des deux écluses fluviales, seule celle de la darse 2 se prêterait à une réparation rapide. Les bajoyers et les bateaux-portes des formes de radoub se trouvaient dans le même état d'anéantissement que le reste du port. Le dock flottant de 1l 000 tonnes, enlevé par les Allemands, gisait dynamité dans les eaux de Nantes. Treize seulement des 186 grues de quai que l'établissement maritime possédait avant la guerre, se présentaient comme récupérables. Les autres étaient démolies et, pour certaines, basculées dans les bassins ou bien avaient été transférées ailleurs. On dénombrait plus de 110 épaves dans les chenaux, passes, écluses et bassins, la plupart immergées depuis mai-juin 1940. Les grues flottantes de 20 et 120 tonnes et les quatre aspirateurs flottants étaient coulés, irréparables. Sur 150 000 m3 d'entrepôts et hangars, 30 000 à peine pourraient être remis en état, de même que le silo à grain. De plus, les passes étaient minées et ensablées. Le sable, amené par les marées, s'était d'ailleurs aussi déposé dans les écluses et les bassins. Les grues des Chantiers de France et leurs stations de force avaient subi le même sort que l'outillage du port.



Des témoignages



Les trois photos présentées ci-dessous nous ont été transmises par l'épouse de Jacques ALLIANCE (décédé). Plongeur scaphandrier, Jacques ALLIANCE, appartenait à ces hommes qui ont oeuvré dans le port de Dunkerque juste après la fin de la deuxième guerre mondiale. Ces trois photos (antérieures à 1949) nous montrent un travail de renflouage d'une grue de 120 tonnes coulée par l'armée Allemande avant la rédition de la poche de Dunkerque. Sur ces photos on peut distinguer à l'arrière plan la base sous-marine de Dunkerque.



 





 



 



Prises sous trois angles différents, elles situent la base à l'emplacement actuel des quais Freycinet 12 et 13 (inauguration de la Darse 6 s'est déroulée le 18 juillet 1964(700 m x 170 m), aux allentours de la raffinerie BP (installation en 1958). A Dunkerque, à fin 1942, on ne dénombrait plus que 9093 habitants, effectif qui ne fit que diminuer l'année suivante avec les départs vers le Reich des requis du S.T.O. et la « volatilisation » des réfractaires. En effet, sur l'ordre des Allemands, manquant de main-d'oeuvre à cause de la guerre en U.R.S.S. qui mobilisait beaucoup d'hommes, le gouvernement de Vichy institua, par une loi du 16 février 1943, le service du travail obligatoire (S.T.O.). Les mairies recensèrent les jeunes gens nés en 1920, en 1921 et en 1922 qui seraient astreints à partir travailler en Allemagne. A Dunkerque, les opérations eurent lieu les 28 février, 1er, 2 et 3 mars 1943. Cent quatorze jeunes gens seulement se firent inscrire au tableau du recensement. La mairie compléta celui-ci d'après ses propres renseignements, ce qui fi,t un total de 248 inscrits. Sur ce nombre, 68 jeunes gens étaient notés comme travaillant déjà en Allemagne et une vingtaine comme partis pour une destination inconnue. Les autres reçurent une convocation, mais tous n'y répondirent pas. Certains des intéressés avaient réussi à se faire embaucher dans des services ou les entreprises qui leur garantissaient le maintien sur place. C'était le cas des agents des administrations, des services de sécurité et des personnes employées dans les entreprises locales ou étrangères (allemandes ou hollandaises) de l'organisation Todt qui construisaient le réseau de blockhaus du mur de l'Atlantique et la base sous-marine qui sera achevée qu'en août 1944. D'autres jeunes gens des classes 40, 41 et 42 avaient rejoint le « maquis» dans des secteurs éloignés ou étaient allés dans les villages proches de Dunkerque, s'occupant dans l'agriculture et s'intégrant le cas échéant à de petits groupes de résistants. Enfin, quelques jeunes requis présentèrent une attestation de complaisance qui les dispensait de partir pour l'Allemagne; ils l'avaient obtenue de médecins ou des autorités civiles, parfois aussi d'un officier ou d'un chef d'entreprise allemands « compréhensifs ». Les gendarmes français devaient normalement appréhender à domicile ceux qui ne répondaient pas aux convocations du S.T.O. Souvent, ils avertissaient discrètement les insoumis. Et quand ils se présentaient chez eux, les réfractaires avaient bien entendu disparu. Il ne restait plus aux représentants de l'ordre qu'à rédiger des procès verbaux de recherches infructueuses. Ce samedi 18 septembre 2004, nous avons rencontré Jean DEPREZ,Coudekerquois d'origine il est né en 1926 (décédès le 3 juillet 2008 dans sa 82ème année). Jean nous raconte qu'en 1941 il avait 15 ans et que pour survivre il travaillait comme beaucoup de ses compatriotes à la construction des défenses côtières allemandes du littoral, il était employé municipal et travaillait pour l'Entreprises de génie civil allemande "Weiss et Freytag". Il a notamment participé à la construction de "la base abri" de la Kriegsmarine de Dunkerque. Celle ci se situait aprés la darse 5 et le frécinet 11, à l'endroit actuel de la darse 6. J'ai commencé mon activité sur le port par la manutention des sacs de charbon qu'il fallait décharger des bâteaux qui accostaient au frécinet 1, de là, ces sacs de charbon étaient transporté sur des barges qui alimentaient les marteaux pillons qui servaient à la mise en place des pieux de béton. J'ai également participé aux déchargements des bâteaux de sacs de ciment, qui servaient à la construction de la base abri et des bunckers environnant. Une usine à béton était implantée juste devant la base abri, le béton était transporté par des tuyaux alimenté par des pompes à béton et qui distribueaient ce béton aux endroits souhaités. Concernant l'activité militaire de la base abri, "je n'ai jamais vu d'UBOATS dans les alvéoles de la base, il y avait 13 alvéoles dont 2 étaient équipées de radier à clair-voie manoeuvré par des palans électriques et qui servaient à la mise à sec des vedettes rapides (S-Boot)"



 



- 8 mai 2007, deuxième en partant de la gauche, Jean DEPREZ, reçoit la Médaille Militaire des mains du Capitaine de Vaisseau Michel MELIN, Commandant la Marine Nationale de Dunkerque.



 



    Ici Un lien sur la base abri posté sur le site internet de mon ami Jean-Paul NADEAU



 



 



 



- Le 12 juin 1944, le Vice-Amiral Friedrich FRISIUS fait transférer à le base sous-marine de Dunkerque les sous-marins de poche mis au point à l'arsenal de Boulogne sur Mer. Source - "Le journal du Vice-Amiral Friedrich FRISIUS" -PUNCH éditions -----



ETE 1945



Découverte à Dunkerque de plusieurs SEEHUND en assez bon état



"Seehund" Série XXVII B



HISTORIQUE DU SOUS-MARIN DE POCHE S622 EX : SOUS-MARIN ALLEMAND DU TYPE SEEHUND S 90



SOUS LES COULEURS ALLEMANDES - JANVIER 1944 : Devant le succès des sous-marins de poche Anglais et Japonais. Le haut commandement de la Kriegsmarine décide de construire des sous-marins de poche. - ETE 1944 : Production de sous-marin de Poche du Type MARDER (Martre). HECHT (Brochet). MOLCH (Salamandre). HAI (Requin). DELPHIN (Dauphin). SCHWERTWAL (Épaulard). MOHR (Maure). NEGER (Nègre). SEE TEUFEL (Diable Marin) L'expérience révélera ses types de sous-marins peu fiables. - JANVIER 1945 : Production des sous-marins de type BIBER (Castor) et SEEHUND (Chien de mer).Ces derniers particulièrement réussis sont produits à environ 600 exemplaires. - AVRIL 1945 : En 80 missions les sous-marins SEEHUND coule 35 000 Tonnes de Bâtiments. La durée moyenne des missions est de 7 à 8 jours Un SEEHUND reste 13 jours en mer SOUS LES COULEURS FRANCAISES - ETE 1945 : Découverte à Dunkerque de plusieurs SEEHUND en assez bon état La Marine Nationale décide d'armer 4 de ces petits bâtiments. - JUILLET 1946 : Création de la flottille des sous-marins de poche Français. Elle est composée des sous-marins S635, S90, S74 et S107 . - 1947 : La flottille des sous-marin de poche est affectée à Toulon. Leur base est le porte-avions BEARN - 1952 : Les 4 sous-marins subissent une refonte et sont rebaptisés S621, S622, S623 et S624 . - 1953 : Sur demande de l'US NAVY, pour tester ses défenses portuaires la Marine Nationale prête 2 sous-marins avec leurs équipages (S622 et S623). Ils effectueront à San Diego (Californie) plus de 60 sorties et parcouront 1 400 Milles. - 1954 : Retour des S622 et S623 en FRANCE - SEPT. 1954 : Désarmement des S621 et S623 - AOUT 1956 : La flottille des sous-marins de poche Français est dissoute Les S622 et S624 sont placés en Réserve Spéciale B - AOUT 54/56 : Les S621, S622, et S624 sont mise à la disposition du service Presse Information de la Marine Nationale qui les expose dans diverses manifestations. - 1946/1956 : Les SEEHUND ont contribués aux expérimentations d'armes ASM et de nouvelles torpilles à partir de 1950. Au total la flottille des sous-marins de poche a effectué : 858 Sorties , 14 050 Nautiques , 730 Heures de Plongées 146 Lancements de Torpilles d'Exercice 230 Lancements de Torpilles Expérimentales - 1989 : L'atelier militaire de la flotte de Brest restaure le sous-marin de poche S622 (Partie Extérieure seulement) - 1999 : Dernière rénovation (Photo ci-dessous :Source"la voix du Nord") -La Voix du Nord citait : "Nous avons, dans un article publié les 29 novembre, 1er et 2 décembre, rappelé, par quel­ques traits, ce que fut la vie des prisonniers de guerre alle­mands à Dunkerque, à partir de la capitulation de la "poche", le 9 mai 1945. Certains P.G (Prisonnier de Guerre), furent affectés au détachement de la Marine nationale qui récupérait au port le matétriel allemand, il y avait notamment quatre sous-marins de poche du type "Seehund" (littéralement: Chien de mer) qui, bien qu'en mauvais état, retin­rent l'attention des autorités militaires. Les sous-marins de poche faisaient partie, comme les "V 1" et autres armes nouvelles, des moyens révolutionnaires dont voulait s'équiper l'Allema­gne, pour surprendre l'Ennemi et retourner à son avantage le sort de la guerre. Différents types de "torpilles humaines" et de "sous-marins de poche" furent mis au point et construits à la hâte. C'est au début de 1945 qu'une flottille de "Seehund" se basa à Ijmui­den (Hollande). Les "Sheehund", d'une lon­gueur de 11 m 80 hors tout et 1 m 90 de large, embarquaient deux hommes et deux torpilles, Leur déplacement était de 15,2 t. en surface et 16,5 t, en plongée; leur tirant d'eau, de 1 m 85. Ils étaient' propulsés en surface par un moteur diesel de 65 CV et en plongée par un moteur électrique de 38 CV, L'hélice était logée dans une tuyère. Leur vitesse maxima était de 8 noeuds en surface, l'allure de croisière tombant à 6,5 noeuds, pour un rayon d'action de 300 nautiques, En plongée, la vitesse était de 5,5 noeuds, mais pendant seu­lement 15 minutes, Au-delà, le moteur électrique chauffait trop. A l'allure de 2,5 noeuds, les batteries assuraient 25 heures de propulsion. Selon la "Revue Maritime" (n° de mai 1957). les "See­hund", équipés d'un périscope de 1,70 m de long, disposaient «d'un petit appareil d'écoute permettant une veille micropho­nique non directive, d'un en­semble émission-réception ra­dio de faible portée et d'une installation de régénération d'air très poussée dont on s'inspi­rera par la suite pour le bathys­caphe ». les "Seehund" servirent sur­tout aux liaisons entre la Forte­resse de Dunkerque, isolée, et les forces allemandes encore installées en Hollande. En avril 1945, trois sous-marins de po­che apportèrent à Dunkerque, en déjouant la surveillance ma­ritime, quatre tonnes et demie de matières grasses et reparti­rent avec 4 500 lettres de sol­dats de la garnison. Quelques jours avant la capi­tulation, deux "Sheehund" tou­chèrent encore Dunkerque. Ils figuraient d'ailleurs parmi les quatre engins saisis par la Ma­rine Nationale en mai 1945. l'Amiral Frisius recevait à sa table à chaque fois les équi­pages des "Seehund" parvenus à Dunkerque. Il a noté qu'il s'apprêtait précisément à dé­jeuner avec les derniers sous-­mariniers entrés au port quand les parlementaires alliés étaient venus lui signifier, le 8 mai 1945, que la signature de la reddition aurait lieu le len­demain à Wormhout. l'amiral Frisius a écrit aussi qu'il avait ressenti le regret d'inclure les sous-mariniers parmi les hommes de sa garnison qui al­laient partir en captivité. les quatre "Seehund" re­trouvés à Dunkerque comme dit plus haut furent examinés par un envoyé spécial de la Marine nationale, l'enseigne de vaisseau A'Weng, du sous-ma­rin "Curie". la "Revue Mariti­me" écrit à ce sujet: "Après un labeur acharné de quelques semaines, secondé par un quartier-maître mécanicien et un premier maître allemand, A'Weng réussissait à faire navi­guer et plonger un des bâti­ments. La cause était gagnée et l' état-major général décidait de procéder à l'expérimentation du type "Seehund" et d'en réarmer quatre. Les petits bâtiments étaient en piteux état et il était néces­saire de les réparer dans un chantier. C'est à celui de la Ga­renne-Colombes (chantier Franco-belge) que furent com­mandés les travaux. On voulut y transporter un premier "Seehund" par voie maritime. Le sous-marin de po­che prit la mer, amarré à un bateau, mais il ne put atteindre Le Havre d'où, sans doute, il aurait remonté la Seine jusqu'à Paris. En fait, il fit naufrage en mer et on le ramena à Dunker­que. La Marine nationale de­manda alors à l'entreprise de transports Raymond Stevenoot, à Petite-Synthe, de se charger des transports, ce qui fut fait par le patron lui-même et un chauffeur-mécanicien, M. Mar­cellin Leblanc. Tous deux se souviennent bien de leurs différentes "expé­ditions", la premiére jusqu'au quai de Bercy où un "See­hund" fut mis à l'eau pour être exposé devant le grand public, et les suivantes jusqu'à la Ga­renne-Colombes. M. Stevenoot devait revoir' "ses" sous-marins de poche dans le film "Le Père Tranquille", avec Noël-Noël. Une sé­quence du film est, en effet, tournée au chantier de la Ge­renne-Colombes et on peut y distinguer les sous-marins de poche, dans un coin de la fugitive image. Remis en état de naviguer au chantier, les sous-marins de poche furent utilisés par la Marine Nationale pour différentes missions, le dernier jusqu'en 1960."



Quelques vestiges - Cliquez sur "Fieldrips" et sur le secteur AOK 15 sur la carte puis sur le pavé KVA B



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le S90, rebaptisé S622 en 1952. Il contribue avec d'autres à l'expérimentation d'armes anti-sous-marines et de nouvelles torpilles avant d'être mis en réserve en 1956. Exposé dans un premier temps à la BSM de Lorient, le S 622 est maintenant visible au musée de la Marine de Brest. (Source wikipedia)



 



Ici de superbes photos de détails sur l'actuelle position du S622 (Ex S90) exposé au musée de la Marine Nationale à Brest



 



 



 



ici un lien 2 sur les caractéristiques techniques de ce type de Uboot de poche Les sous-marins de poche Seehund sur le site de Net-Marine



Conclusion



Nous voici arrivés au terme de notre page sur la base sous-marine et le port de Dunkerque pendant et juste après la dernière guerre. La visite, nous en avons conscience, a été bien incomplète mais il ne pouvait en être autrement, faute d'images ou de témoignages. Il existe certainement beaucoup de témoignages et de photographies et dans ce sens notre quête n'est pas terminée. Concernant les photographies, certaines n'ont pas résisté à l'épreuve du temps et beaucoup ont disparu lors de la destruction de la ville de 1940 à 1945. Quelques rares autres ont été dispersées aux quatre coins de l'hexagone au hasard des pérégrinations des Dunkerquois. Il arrive alors qu'elles réapparaissent, ici ou là, dans une « foire aux vieux papiers », faisant le bonheur d'un amateur particulièrement chanceux. Hélas, bien trop souvent, ces raretés retournent vite dans le secret de «collections particulières» d'accès difficile. Pourtant, tout les témoignages et toutes les images de Dunkerque appartiennent à la mémoire collective dunkerquoise et si, par bonheur, vous possédiez quelques-unes de ces merveilles, permettez au moins qu'elles puissent être reproduites afin que tous aient accès à ce patrimoine....



Remerciements



Bibliographie et sources diverses.



Nous remercions monsieur Jean DEPREZ et madame Jacques ALLIANCE pour leurs témoignages



 



 



"LE JOURNAL DU VICE AMIRAL FRISIUS COMMANDANT DE LA “FORTERESSE” DE DUNKERQUE"Traduction de Dominique MACAIGNE Textes de Guy BATAILLE et Patrick ODDONE - Serge BLANCKAERT "Dunkerque 1944-1945" - Du débarquement à la résurrection - "Dunkerque" - Ateliers et Chantiers de France - Réalisation d'ensemble de Jacques Saint-Germain



 



 



               Commandez le livre de Pierre METSU



 



Ici un lien très intéressant sur l'état de notre ville de Dunkerque à la fin du conflit Mondial ransmis par Mac Pit le 2 septembre 2013



 



 



N'hésitez pas à commenter cet article, laissez vos remarques, vos questions, vos anecdotes....!!!!





Pour nous contacter : jld@sous-mama.org ou téléphoner au 06.83.95.86.18


 
16 réactions
1. Le 12-01-2014 à 22:40:34 par Jean-Luc DELAETER :
Malheureusement nous n'avons que les documents et informations présentés sur le site
2. Le 09-01-2014 à 21:42:03 par Andy WALKER :
Très intéressant! Auriez-vous de la documentation sur ce sujet cela m'intéresserait car mon grand-oncle était un "malgré-nous" et il a été soldat allemand à la base sous-marine de Dunkerque.
Merci pour ce que vous faites.
3. Le 13-09-2013 à 13:44:11 par Jean-Luc DELAETER :
Désolé Alain, la seule aide que nous pouvons vous apporter est la publication de votre recherche
4. Le 12-09-2013 à 21:56:40 par ALAIN :
Bonjour,
je suis a la recherche des fiches techniques de ses sous-marin de poches. Pourriez vous m'aider.
Merci d'avance.
5. Le 02-09-2013 à 20:25:54 par Mac Pit :
Très belle page sur l\'occupation allemande à Dunkerque . Je vous envoie ce lien qui devrait vous intéresser . Cordialement .
Mac Pit
https://www.facebook.com/media/set/?set=a.579889095355236.1073741829.225682817442534&type=1
6. Le 19-02-2012 à 19:09:06 par Murps :
J'ai lu avec beaucoup de plaisir votre article.

Ayant, plus jeune, pratiqué la plaisance à Dunkerque, je ne me doutais pas des terribles souffrances qu'a pu endurer ce beau port.

Amicalement.
7. Le 26-03-2009 à 23:25:34 par Pierre Vansteene :
Très intéressé par cette histoire de la ville où j'ai passé mes 25 premières années.
Anecdote sur les suites de l'occupation: je suis monté au beffroi le premier jour où celui ci a été ouvert au public (par les escaliers, l'ascenseur n'est venu qu'après) un dimanche dans les années 1960. Le drapeau en tôle à croix gammée était toujours posé sur la plateforme. Je ne sais pas ce qu'il est devenu.

8. Le 13-01-2009 à 18:49:19 par jean aimé caux :
Est ce que votre livre sur la base sous marine de dunkerque est sorti ?
Si oui quel est son titre pour que puisse l'acheter ?

Salutations

cauxja@cc-parthenay.fr
9. Le 30-12-2008 à 20:33:26 par stephane ponsada :
Article très complet

Mon oncle a fait partie de la flotille des sous marins de poche durant les annees 50 et a participe a la mission aux usa

Je suis a la recherche de documents ou informations diverses sur cette flotille

merci de votre aide

estraphone@gmail.com
10. Le 05-08-2007 à 17:40:58 par PIERRE METSU :
Je prépare un ouvrage relatif à l'occupation allemande à Dunkerque de juin 1940 à mai 1945.
J'ai notamment la vraie version de la destruction de la base de vedettes rapides, dénomée à tort "Base Sous-marine" et toute un série de témoignages détails inédits.... dont environ 1000 photos inédites. l'ouvrage sera terminé courant 2008
Nota: je suis l'auteur de plusieurs ouvrages édités chez HEIMDAL
11. Le 01-05-2007 à 18:40:14 par Courageaux anonyme :
Excellent travail !
Ce site sur les bases nautiques de Dunkerque est remarquable.
Félicitations !
Pensées à nos travailleurs et combattants.

Pascal
12. Le 03-03-2007 à 18:34:04 par nathalie :
je suis stagiere aide medico psychologique et pour mon diplome je dois organiser une animation, je suis donc à la recherche de photos de dunkerque et ses environs avant, pendant, et après le guerre 39-45, pour animer un groupe de personnes âgées.merci de me dire ou je peux récuperer des documents à moindre coût.
13. Le 08-12-2006 à 09:24:58 par Courageaux anonyme :
Bonjour Jean-Luc

Je te dis bravo pour l'excellent travail que tu as accompli sur Dunkerque pendant la guerre. Féru d'histoire de cette période, c'est avec avidité que j'ai lu tous les articles.

Mes amitiés Jean-Luc

Eric
(Hourtin février 74 comme toi)

14. Le 04-05-2005 à 09:24:30 par MAES :
J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre article en 1 aime histoire de DUNKERQUE en 2 Monsieur jean DEPERZ car ce le frere de simonne ma mere . etait SURPRIS regis MAES


15. Le 05-03-2005 à 18:37:07 par Jean-Pierre Castier :
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt la totalité de votre article.
16. Le 05-11-2004 à 19:54:04 par Courageaux anonyme :
Bon travail Jean luc !

attrait historique remarquable
Bonnes sources archives

Yves marie
 

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