L’E.A.M.F, Il y a 50 ans les Arpets.

mercredi 5 octobre 2005.
 

Dans le précédent reportage je vous ai annoncé une suite. Oui, comment cela se déroulait pour un torpilleur dans cette grande école.

Je me trouve en Tunisie quand ma demande pour L’Ecole de Apprentis Mécaniciens de la Flotte (E.A.M.F)et en tant qu’apprenti Torpilleur parce que l’on n’y passe qu’ un an est faite par mon père, gendarme. Déjà deux de mes frères sont en école militaire et moi j’en ai assez après 4 ans de pension à Bizerte, avec une période de vacances uniquement tous les 3 mois : alors que nous n’habitons qu’à 150 Km de là ; mais les transports en Tunisie ce n’est pas la joie. C’est durant nos vacances en 1955 ; qui se déroulent chez mes grand-parents dans le Nord que l’annonce de l’admission nous parvient ainsi que la feuille de déplacement.

Je prends donc le train jusque Marseille, de là un parent me conduit en scooter à la gare de Toulon, qui est le point de rendez- vous . Nous sommes le 9 Septembre. Il y a là un petit groupe de jeunes comme moi avec une petite valise. Deux matelots en belle tenue avec guêtres et ceinturon blanc et accompagnés d’un gradé nous groupent derrière un panonceau sur piquet. Mis en rang nous prenons la direction du bas de la ville, c’est vrai cela descend de la gare. Quelques-uns qui avaient certainement fait le voyage ensemble discutent doucement . Moi je ne connais personne. La ville semble belle. Nous finissons par arriver sur un quai où nous embarquons sur un bateau noir, le "Pipady" ou le "Cavalas" je ne sais plus. Après une marche arrière et un demi-tour le bateau prend la direction vers le large. Au passage on admire le Jean Bart et deux autres gros bateaux à côté ( le Suffren et l’Émile Bertin). Dans la rade on peut voir de nombreux bateaux gris. Dans le sud, une terre, Saint-Mandrier avec des bâtiments et des hangars. Le bateau noir accoste dans une petite darse très proche d’un ensemble de bâtiments imposants avec de grandes colonnes et une porte monumentale (voir le reportage précédent).

L’E.A.M.F

L’École des Apprentis Mécaniciens de la Flotte.

Sitôt débarqué sur le ponton, un gradé crie :

-  Y- a -t-il des torpilleurs ? Je lève le bras et je m’avance.

-  Pourquoi vous arrivez aujourd’hui, tout le monde est arrivé hier ? Ca commence bien . Je m’explique et exhibe ma feuille de déplacement qui mentionne 9 septembre, ce que nous sommes aujourd’hui.

-  Ouai ! Suivez-moi.

Je pars seul derrière ce gradé qui me mène dans le premier bâtiment à gauche sitôt la porte franchie. Dans une grande pièce il y a une trentaine de jeunes qui attendent attablés à un drôle mobilier. Bien vite on me désigne un caisson sur lequel il y a un hamac. Je n’y connais rien dans tout cela mais très vite j’ai de l’aide pour monter mon hamac ; hé oui il est en pièces détachées, les rabans ne sont pas mis sur la toile et le matelas n’est pas enfilé dans la toile. Mon caisson se trouve entre Tetron, un Bordelais et Vieville, un gars de l’Est. Très vite les formalités d’incorporation commencent et l’on nous habille. Non pas avec une belle tenue de marin mais plutôt ce qui ressemble à une tenue de bagnard.Après recherche ce modèle de tenue était en usage lors de la première guerre mondiale. Une vareuse et un pantalon en gros tissu de couleur, gris, écru et cette tenue nous la gardons jusqu’à notre incorporation définitive.

La tenue d’incorporation - 29.7 ko
La tenue d’incorporation

On reconnaît de suite dans la cour les derniers arrivés ou les "bleus" il y a une trentaine d’apprentis torpilleur, une centaine d’apprentis armuriers, et bien 300 apprentis mécaniciens parmi les bleus. Les torpilleurs font approximativement une année scolaire, les armuriers une année et demie et les mécaniciens 2 ans. Tous les déplacements se font en rang et au pas ;si nous savons ;. Il ne faut pas s’en faire on nous apprendra. Au cours des formalités d’incorporation je fais encore exception. Je n’ai passé aucun examen ou test. Pourquoi ? Où habitais -je ? En Tunisie, mais il y a sur le banc derrière moi un gars qui lui aussi était au collège mais branche technique de Bizerte et lui a passé quelque chose. Deux exceptions en quelques jours pourvu que cela ne continue pas, car je vais être montré du doigt. L’admission étant définitive nous sommes habillés, mon carnet d’habillement ; que je possède toujours ; me dit que c’est le 27 septembre 1955 que cette opération se déroule.

Le carnet d’habillement - 46.9 ko
Le carnet d’habillement

Certes des tenues de matelots mais avec quelques différences. Pour le travail un calot de chauffe, un calot ovale de toile gris bleu haut de 15 centimètres qu’il nous faut porter sans le plier, une pèlerine pour sortir l’hiver, et des chaussures cloutées pour la semaine. L’habillement est perçu au troisième étage du bâtiment de l’état-major et il nous faut descendre avec tout cela jusqu’à la compagnie. Pas facile. Un bonnet sur la tête, les chaussures nouées par les lacets et en sautoir autour du cou, le sac dans une main, la pèlerine sur le dos. Nous n’avons pas le temps de mettre cela dans le sac qui nous est également fourni. Il faut ensuite ranger dans le caisson, quitter nos vêtements civils qui devenaient plus qu’interdits, les mettre dans notre valise laquelle est rangée dans un local jusqu’à notre prochaine permission. C’est à ce moment-là que l’on apprécie pleinement plusieurs d’entre nous qui ont eu un parcours un peu différent. Ils viennent de l’École des Mousses et ont déjà une formation maritime, ils savent plier correctement le paquetage pour le ranger dans le caisson, car on ne fait pas cela n’importe comment, et ils ont du fil pour coudre les rubans légendés.

Comme je l’explique dans mon article précédent nous mangeons et couchons dans la même pièce. Mais pour manger il faut aller chercher les repas là-haut à la cuisine et la cambuse. Cela se déroulait de la façon suivante.

Le matériel :

Une gamelle ronde d’environ 35 cm de diamètre et haute de 15 à 20cm, une autre gamelle haute de 35 cm environ de forme rectangulaire et cloisonnée au centre. Cela constituait le matériel de "l’homme de gamelle" qui est accompagné de "l’homme de bidon" qui, lui, a un bidon tronconique haut d’une trentaine de centimètre avec un diamètre moyen de 15 cm, à cela il y a deux assiettes en métal. Ce bidon sert aussi bien pour le vin que pour le café le matin. Il y a donc un couple par table. Les hommes de bidon et gamelle sont alignés sur les lieux d’appel des compagnies à l’heure des repas et à l’appel du clairon car tout fonctionne au clairon, et un gradé fusilier du bureau du Capitaine d’arme maistrance apprentis (CAMA) donne le signal de départ suivant un ordre aléatoire. Pour aller il n’y a pas de problème, mais le retour n’est pas toujours facile surtout pour les torpilleurs. Nous revenons souvent groupés et accompagnés du gradé de service ; surtout le dimanche ; car au passage près de la souillarde des anciens (mécaniciens) bien intentionnés nous piquent les gâteaux du dessert. Pendant que l’on va chercher le repas d’autres montent les tables. Ils font l’opération inverse pendant le lavage des gamelles. Là-aussi c’est dur . Il n’y a pas souvent d’eau chaude sauf s’il nous arrive d’être désignés les premiers pour se présenter à la cuisine.

Nous voilà apprentis à part entière. Maintenant au boulot. Tout n’est pas terminé et en Octobre et Novembre ce sont les injections de T.A.B.D.T. Aïe ! Aïe ! Ce n’est pas du gâteau et rester à jeun pendant près de 2 jours, coincé dans la chambrée, on n’en garde pas un bon souvenir. L’engagement de 5 ans à la sortie de l’école est signé début janvier 1956 et les plaques avec le matricule le 10 février 1956. J’ai le numéro matricule 421 T 56. Facile à retenir.

Durant le premier semestre un cas de méningite est signalé dans notre contingent. Nous sommes consignés à la chambre et ce sont nos anciens qui vont chercher nos repas et font notre vaisselle. un peu de mauvaise humeur au départ, mais comme nous entretenons de bons rapport tout se passe bien.

Comment le temps passe ? Toute la semaine instruction. Pour un apprenti torpilleur le principal de l’instruction est l’atelier . Pourquoi parce que les torpilleurs formés ici deviennent des torpilleurs d’atelier. Contrairement à ceux qui vont directement à l’École des armes sous-marines (sur le Suffren) en principe ils ne peuvent avoir d’affectation dans les ateliers militaires de torpilles. Tout cela on l’apprend au fil du temps. Oui la formation du torpilleur se terminait sur le Suffren Le passage d’un an à l’E.A.M.F ne donne que le brevet provisoire, il faut ensuite encore faire 6 mois pour être breveté. Donc de l’atelier quasiment tous les jours. On y apprend l’ajustage, avec des coulisses bien embêtantes, la forge avec la fabrication d’un burin et d’un bédane, le tour avec la fabrication d’un pièce de torpille, la chaudronnerie avec la mise en forme de tuyaux et des brasures de collerettes.

Durent le mois de février 1956, il fait très froid. le sol est gelé,nous ne marchons plus au pas. A l’atelier nous passons plus de temps à courir pour nous réchauffer qu’à travailler. les plus heureux sont les chaudronniers et les fondeurs.

Nos ateliers se trouvent les plus loin près des fondeurs et chaudronniers, en limite avec la BAN à côté. Avec l’atelier il y a des cours en salle : de l’instruction générale, français et math, du dessin industriel . Et bien sûr, la torpille, les mines et les grenades. Tout cela n’est pas toujours très facile car quelques-uns ont des diplômes, BEPC ou CAP d’ajusteur. Moi je n’ai qu’un certificat d’études obtenu en Tunisie.

Le mercredi tout le matériel de gamelle est présenté en inspection. La table et les bancs sont lavés avec du sable, grattés pour être bien blancs. Les bidons et gamelles ainsi que nos couverts personnels ; une assiette,un quart, un couteau, une fourchette et une cuillère sont présentés bien alignés sur la table. Tout est mis en place le matin avant de partir en cours. Si au retour le bon ordre a été dérangé c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas et il faut aller s’en inquiéter près de l’instructeur avant que lui ne vienne.

Le samedi, à tour de rôle nous devons présenter notre paquetage, tout plié au carré 25x25cm dans un ordre bien précis avec les matricules bien alignés et sur un banc en pente. La désignation pour la présentation se fait soit suivant un ordre bien précis ou lors d’une inspection de tenue par le Commandant de l’école qui a lieu pour nous tous les 15 jours je crois, enfin toujours assez souvent. C’est le capitaine d’armes qui désigne. Dans ce cas il n’y a pas beaucoup de temps pour préparer. Conclusion, tout doit toujours être prêt à être présenté. J’obtiens un Très Bien lors de l’inspection du commandant de Compagnie le 19 novembre 1955.

Le Dimanche tout le monde est là, même la musique ; car il y a une musique elle s’entraîne au dernier étage de notre bâtiment ; près de la porte d’entrée où se trouve le mat des couleurs. C’est la cérémonie des couleurs bien particulière à la Marine Nationale où l’on se découvre et l’on salue ensuite pour la Marseillaise. Peu de temps après cette cérémonie, le clairon appelle pour la messe. Une sonnerie bien reconnaissable.

Pour le lavage du linge il y a un lavoir et un séchoir. Ce séchoir se situe derrière le bâtiment de l’État-major. Il est gardé par ce que l’on appelle un factionnaire . Le dépôt est libre mais le retrait est soumis à condition. Tout le linge est immatriculé et il faut prouver que celui que l’on retire est bien sa propriété. Comment ? Mais tout simplement grâce à notre plaque d’identité que nous portons en permanence au poignet. Vous savez cette plaque ovale qu’a tout militaire et qui peut être fractionnée. Y sont inscrits le nom, le prénom, le matricule et le groupe sanguin. Malgré cela il arrive que l’on ne retrouve pas son linge surtout s’il est neuf. Les combines des anciens ont toujours existées. Mais il arrive aussi que le soir venu du linge ne soit pas retiré, il est alors ramené au CAMA par le factionnaire. C’est là qu’il faut aller le chercher le lendemain et l’on est gratifié d’une remontrance. Il y a aussi la possibilité de mettre à sécher dans les lavabos de la compagnie mais là aussi il ne faut pas arriver après l’instructeur et c’est malheureusement ce qui m’arrive. J’ ai un tricot rayé qui n’est pas parfaitement sec et je ne peux le ranger dans le caisson ainsi. Je le pends dons dans les lavabos et à l’heure prévue je vais le rechercher mais j’ai quelques secondes de retard, le chef est déjà là.

-  Vous êtes en retard vous serez consigné !

-  Cela ne me fait rien je ne sors pas ! Aie ! Aie ! qu’ai-je dit.

-  Ah bon cela ne vous fait rien, hé bien vous irez voir le Commandant.

Et je me retrouve devant le Commandant en second (je pense) lequel me fait comprendre qu’il ne faut pas répondre à un gradé et cela me coûte deux nuits à la prison. La prison, je vous ai dit précédemment qu’il fallait y être allé pour savoir comment cela est fait, Hé bien oui j’y suis allé 2 nuits. Comment cela se passe ? Le soir le clairon appelle les consignés, ceux-ci se présentent au CAMA avec leur toile de hamac, pas de matelas et vont en ordre au 3°étage du bâtiment État-major. Là-haut il y a un espace grillage avec un long bas flanc, mais pour y entrer il faut abandonner chaussures et ceinture. Le matin au réveil 2 sont chargés d’aller vider la tinette et la rincer pendant que d’autres balaient.

L’on pratique du sport tous les 2 jours : l’Hébertisme.(du nom de son créateur Hébert) Qu’est-ce ? Départ de la moitié de l’effectif au pas de gymnastique dans la colline ou sur la plage des galets où l’on pratique toute sorte de mouvements en se servant de ce qu’il y a sur le terrain. Sauter au-dessus des arbres morts, grimper aux branches les plus basses, faire des pompes autour du kiosque de Saint-Mandrier. Un bon décrassage avec un retour en chantant en franchissant la grille de l’École : La boulangère, Chantons pour passer le temps, La Piémontaise, Hé garçon prends la barre, fleur d’épine et d’autres encore. Mais il y a aussi le sport que l’on pratique sur le terrain situé derrière notre bâtiment . Un peu d’athlétisme certes mais aussi un supplice. Les gueuses. Un poids d’une quinzaine de kilos avec 2 poignées. Il faut prendre ce poids au sol et le lever le plus de fois possible au- dessus de sa tête. Une note est donnée en fonction du nombre de fois où le poids est levé et du temps. Cela se déroule dans une opération appelée "performances" et ce n’est pas pour moi.

Pendant l’hébertisme l’autre moitié est au poste de propreté. Chacun à une charge : chambrée, lavabo, toilettes, hall, gamellerie, etc. et doit l’entretenir. Pour la chambrée cela va assez vite. Le sol est en pierre noire, de l’eau est jetée dessus, l’on frotte comme sur un pont et cette eau devenue noire s’écoule à l’extérieur à travers les murs (nous sommes au rez-de-chaussée) par des "dalots".

Il y a une véritable hiérarchie bien établie et en rapport avec l’ancienneté à l’école. Lorsque l’on est bleu et de plus torpilleur, ils n’est pas permis de plier le calot de chauffe. Six mois après l’arrivée on gagne une ancienneté car des bleus viennent d’arriver ; l’on passe du 4° contingent au 3° et ainsi de suite jusqu’au 1° pour les mécaniciens, les torpilleurs s’arrêtent au 3° et puis s’en vont ; là une diminution de la hauteur du calot est autorisée. Et il en va ainsi tous les 6 mois. Pour les mécaniciens au 1° contingent le calot ne mesure plus que 5 cm de haut. Cette hiérarchie s’efface sur les bancs. En effet les apprentis se regroupent par région autour d’un banc et ils deviennent des "pays". Et c’est lors de petits conflits que les anciens qui sont des"pays"viennent prendre la défense des jeunes.

Chaque mois l’on perçoit 16 paquets de cigarettes, 8 timbres, un morceau de savon de Marseille et une petite paye. Celui qui ne fumait pas à l’arrivée ; et nous sommes nombreux ; a vite fait de s’y mettre. La paye, comment la dépenser, il y a le foyer où l’on vend des sodas, une petite coopérative et les sorties en ville. C’est toujours par fraction que l’on sort soit le Samedi après-midi ou le Dimanche après-midi. Avant de sortir il y a bien sûr l’inspection des permissionnaires, mais nos instructeurs poussent le vice jusqu’à nous faire déshabiller pour vérifier que l’on porte bien le caleçon réglementaire et que nos chaussettes sont bien immatriculées. En ville nous ne pouvons que nous promener ou aller au cinéma après avoir économisé. Le ruban que nous portons sur notre bonnet nous ferme quelques portes.

Il y a les cours mais il faut aussi de temps à autre assurer de nombreux services. Cela se fait à tour de rôle et vu que nous ne sommes pas nombreux la répartition se fait avec les armuriers. Ainsi il faut faire des corvées, à la cuisine, à la cambuse, au poste des officiers mariniers, à la cuisine des officiers et dans bien d’autres lieux encore. La nuit il faut monter la garde en divers points de l’École, points qui ne sont nullement importants, mais il faut bien apprendre. Ainsi sont gardées : la montée à la chapelle, l’entrée des ateliers, la montée vers la villa du commandant dans la colline, un endroit que l’on appelle "le violon" et si je ne me trompe cela se trouve près de l’armurerie et les salles de cours des maistranciers, il y en a certainement d’autres. Il n’est pas question de dormir car il y a des rondes et des règles d’identification à respecter. Au moindre bruit le factionnaire a intérêt à crier pour montrer qu’il ne dort pas.

-  Halte là ! Qui vive ?

-  La ronde !

-  Avance au ralliement ! Le mot de passe. Il ne faut pas l’oublier.

Ces rondes interviennent presque à chaque changement de garde et gare à celui qui se laisse surprendre. Les instructeurs usent de ruses de sioux pour essayer de nous piéger. Deux postes sont rarement surpris si les gardes s’entendent bien. Celui de la chapelle et celui des ateliers qui sont assez proches. Le premier crie assez fort et l’autre est prévenu, mais l’instructeur parfois un peu malin va voir un autre poste et revient.

Durant cette année, une sélection est faite. Il faut rechercher parmi les apprentis ceux qui pourront changer de spécialité pour être "Détecteur Sous-Marin" (DSM) une toute nouvelle spécialité. Pour cela nous subissons une série de tests, à la CEPSM.à Toulon. Il faut écouter pendant des heures des sons. Un premier "Bip" est entendu, il sert de référence et il faut dire si le suivant est plus haut ou plus bas. Autrement dit "Doppler haut" ou "Doppler bas".Les quelques premières minutes cela va mais après on est perdu. Un autre critère entre en jeu pour la sélection la culture générale. Ainsi 5 d’entre nous changerons de spécialité à la sortie de l’École.

Pour les permissions c’est en train spécial que nous nous déplaçons de Toulon à Paris ou Bordeaux et la Bretagne. Après chacun se débrouille.

Voilà comment s’écoule le temps dans cette grande école. En septembre 1956, c’est l’examen pour l’obtention du brevet provisoire de torpilleur d’atelier, examen réussi avec succès, mais l’épreuve d’atelier est dure . En ajustage nous avons une pièce de torpille qui porte le nom d’équerre et qui ne ressemble en rien à cet objet. Cette pièce est à faire en bronze, alors gare à la fausse manœuvre, ça casse. Mais c’est que fumer après avoir travaillé le bronze est à vous dégoûter du tabac.

Le brevet provisoire - 16 ko
Le brevet provisoire

Je ne fais appel qu’à mes souvenirs et les faits remontent quand même à 50 ans. Il se peut qu’il y ait une petite déformation et je ne serai nullement fâché si vous rétablissez la vérité.

N’hésitez pas à répondre à cet article, laissez vos remarques, vos questions, vos anecdotes.... ! ! ! !


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