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Le carnet de route du matelot Hilaire André Wadoux - 7 - et fin.
article posté le 23-04-2007 à 08:19:48, par Jean-Luc DELAETER

Le retour.


 


 A mon arrivée un copain m'attend et nous faisons un rapide passage à la maison pour déposer les souvenirs que j'ai rapportés de mon "voyage" en France. Toute ma famille va bien.Denise me dit qu'elle est allée râler à l'Amirauté en demandant pourquoi je ne rentrais pas en raison de ma situation familiale.


Puis retour à la caserne Pelissier. Je constate que tout le peloton est là. Je suis parti le premier de Toulon en tant que prioritaire et j'arrive le dernier.


Nous reprenons nos patrouilles sur les quais, toujours flanqués de nos M.P Américains qui ont le chic pour se procurer du bourbon dans les stocks de vivres débarqués des cargos.


 En Janvier 1945 j'arrive en fin de lien et je ne désire pas souscrire un nouvel engagement. A cette époque il nous est distribué des bons pour une nouvelle tenue française. Ce bon est à donner au tailleur . Je ne me fais pas faire de nouvelle tenue en me disant :


-Cela va servir à quoi puisque je m'en vais ? Bien que le commandant ne semble pas décidé à me lâcher.


En mars il y a une inspection de tenue et je suis le seul avec une vieille tenue. Convocation chez le Commandant qui est désireux de savoir ce que j'ai fait du bon qui m'a été donné. Il pense peut-être que je l'ai échangé contre un autre tissu. Eh bien NON ! Il est très surpris lorsque j'ouvre mon porte- feuille et que je lui rends le bon.


Il me déclare qu'il ne peut pas me libérer. Cette réponse ne me satisfait pas et je vais voir un copain fourrier qui, lui ,travaille à l'amirauté. Il a vite fait de trouver un texte réglementaire qui prévoit la libération des gars dans ma situation. Alors que nous discutons un commandant passe et s'intéresse à notre conversation . Ma situation est évoquée et il répond. Retounez à votre caserne je fais le nécessaire.


Dès mon retour à la caserne je suis appelé par le Commandant en colère qui dit avoir été interrogé par l'amirauté et sommé de me libérer. Il y consent mais veut m'infliger 30 jours d'arrêt pour avoir quitté la caserne sans autorisation pour me rendre à l'amirauté.Je ne m'affole pas et reprends contact avec mon copain qui cette fois vise plus haut et en parle à l'Amiral.


Cela retombe et de nouveau chez le Commandant. Certes il va me libérer mais pas sur le champ comme l'exige l'Amiral. Il me demande de rester jusqu'à la fin du mois,oui nous sommes le 26 ou 27 mars, cela dans le but de simplifier les écritures comptables me dit-il. J'accepte . Je n'aurais pas dû car il réussit à me faire faire une patrouille de 12 à 18 heures mon dernier jour de service. Le soir nous buvons un verre avec les copains et je reviens le lendemain pour faire mes mouvements.


Le commandant m'appelle et me remet un certificat de bonne conduite dit-il. Je le lis et lui rends en disant:


-Je n'en veux pas, j'en ai des plus beaux. En effet il ne s'agit que d'un état récapitulatif de mes services.


Depuis quelque temps j'avais contacté un dunkerquois qui travaille à Alger et il m'a proposé un emploi dans la société " La surveillance", un emploi administratif en correspondance avec mes aptitudes. Je suis civil et tout va bien.


Le 10 février 1946, nous rentrons en France tout d'abord quelque temps à Paris puis nous venons à Dunkerque. Je désire naviguer mais il n'y a pas de bateau. J'entre donc aux " Ponts et Chaussées" au service du renflouement .J'ai le "commandement" d'une embarcation où il y a 7 à 8 hommes dont un scaphandrier et nous faisons le repérage des épaves dans le port. Ce repérage terminé j'émets l'envie d'embarquer à la "Societé de Remorquage et de Sauvetage du Nord" communément appelée" le remorquage" mais il y a un refus caractérisé de mon épouse. Alors je vais à la S.N.C.F. où je reste jusqu'à l'âge de la retraite.


 


Maintenant en 2007.


 


 Cet épisode militaire lui a valu : la Médaille Militaire, la croix de guerre avec 4 citations, la médaille commémorative 1939/1945, la croix du combattant, Après avoir navigué un peu au gré des affectations à la S.N.C.F il s'installe à Dunkerque au début des années 80.



A la retraite Hilaire-André Wadoux fumait toujours la pipe.


Il s'impose un devoir de mémoire de tous ceux qui ont vécu cet épisode douloureux de la bataille de Dunkerque. Pour ce faire il fait moult démarches et obtient ainsi près des municipalités à Dunkerque un monument à la mémoire des marins qui combatirent en mai-juin 1940 :



Au centre du monument la fin du "Foudroyant"


 



Une rue au nom du torpilleur "Foudroyant"


 



 mais il n'oublia pas les sous-marins et une rue porte le nom du sous-marin Prométhée à bord duquel se trouvait une vingtaine de jeunes gens originaires de la région Nord.


 



A Leffrinckoucke une rue au nom du sous-marin "Doris" nom que porte l'amicale des sous-mariniers de Dunkerque et dont il fut le président durant de nombreuses années.



A Bray-Dunes un hommage au torpilleur "la Bourasque"


 



et au sous-marin "Doris"


 



Et il est toujours avec son épouse, "sa Denise" En 2000 ils fêtaient leurs noces de diamant. En 2007 il fétait ses 90 ans et toujours avec "sa Denise"


 


FIN


 

 
2 réactions
1. Le 14-11-2008 à 21:37:07 par Courageaux anonyme :
Merci de ce récit très "prenant". J'ai deux questions qui me viennent à l'esprit :
- comment votre épouse a vécu vos différentes "absences" pendant cette période de guerre ?
- vous a t-il été difficile de reprendre une vie "normale" après la fin de la guerre ?

Encore merci de votre témoignage
2. Le 24-03-2008 à 17:17:27 par Tonsart Philippe :
Pouvez vous transmettre mon adresse à André et Denise Wadouw SVP
 

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