Gaston VESQUE, nous fait parvenir le récit d’un évènement qui aurait pu avoir des conséquences catastrophiques.
Malheureusement, Gaston, embarqué sur l’ESPADON au moment de l’accident n’arrive plus à situé la période relative à celui-ci, quelqu’un pourrait il l’aider ?
L’objectif pour l’ESPADON était de torpiller le LAUBIE et les deux sous-marins étaient en immersion péricopique, le LAUBIE naviguait au schnorchel et l’ESPADON au poste de combat.
C’est lors des manœuvres d’approches que l’ESPADON a abordé le LAUBIE.
J’étais donc à mon poste au kiosque avec le Commandant et je me suis vite rendu compte que les ordres donnés par celui-ci,n’était pas pour la « DLT », mais bien dans le but de limiter la casse.
Un grand choc s’est produit en même temps qu’un gros bruit sourd, nous avons pris de la pointe négative et passé sous le LAUBIE et pour courroner le tout, nous avons accusé un mouvement de roulis lent de bâbord sur tribord avant d’atteindre une immersion profonde où là nous nous sommes stabilisé.
Nous n’avons pas eu le temps d’avoir peur sur le moment, trop occupé à la mise en oeuvre de sauvegarde du bâtiment qui était à ce moment là notre priorité, mais je dois dite que dés notre retour en surface, nous avons vite réalisé à quoi nous venions d’échapper.
Je me souviens qu’au repas du soir, le cuisinier n’a pas eu de succès malgré le mal qu’il s’était donné, car cet évènement nous avait tous coupé l’appétit.
Nous sommes rentré sur Toulon à grande vitesse et en surface ou un bassin nous attendait, le LAUBIE devant nous bien amoché, c’est d’ailleurs cet abordage qui décida de son désarmement.
Pour l’anecdote :
Un jeune embarqué croyait qu’à chaque lancement de torpille la manoeuvre se déroulait ainsi.
Le mécanicien de central le QM1 BONNET dit « petit chapeau » demanda au patron du central s’il fallait mettre sur le journal du central : "torpille partie avec son emballage".
Trois ou quatre mois de carénage furent nécessaire afin de permettre à l’ESPADON de remonter sur Lorient pour se refaire une "beauté".
Quelques temps après je fus muté sur le DAUPHIN.
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COLLISION ESPADON - LAUBIE Du mois de SEPTEMBRE 1961
A cette époque l’ESPADON était un sous-marin récent, l’avant dernier de la série des 1200 tonnes du type NARVAL. Habituellement basé à LORIENT nous étions à TOULON avec le MORSE pour divers essais (CEPSM - GETDL) car les tubes lance torpilles étaient différents des quatre premiers de la série. Les premières torpilles à vocation anti-sous marine, lancées par sous-marin, faisaient leur apparition. Il y avait une torpille acoustique la « E 14 » et, une torpille à sonar actif la « L 3 ».La tactique à l’époque était, de lancer une torpille acoustique doublée peu après d’une torpille à sonar actif, dans le cas de détection d’un sous-marin au schnorchel. Nous devions donc, lors de cette journée, être le sous-marin chasseur et le LAUBIE le sous-marin chassé,la surveillance de la zone étant assuré par le repêcheur.
Après avoir détecté le LAUBIE au schnorchel, le Commandant rappelle au poste de combat et, reprend la vue. Je pense que pour une meilleure acquisition du but par la torpille, il a manœuvré pour se placer sur l’arrière du LAUBIE. En fait de placement sur l’arrière, il était placé sur son avant . La position particulière du schnorchel rabattable sur le pont avant, de ce type de sous-marin qui en position hissé se trouvait devant les périscopes, l’ayant trompé . Le Commandant, voyant les aériens et le schnorchel du LAUBIE au périscope, pensait maîtriser parfaitement la situation.
En ma qualité à l’époque de matelot torpilleur, j’étais donc au poste avant, servant de l’un des deux tubes lance torpilles qui devaient faire feu. Les portes extérieures et les volets d’étrave étaient ouverts, nous étions paré à lancer
La réaction du commandant lorsqu’il s’est rendu compte de sa méprise, a été d’ordonner un 40 mètres rapides. Nous étions alors à une vitesse proche de 8 nœuds. Un peu surpris, nous avons senti le bateau prendre de l’assiette négative, mais presque aussitôt un grand bruit et un choc énorme nous a précipité sur le parquet. Le temps de se relever, nous avons entendu un deuxième bruit et encore un choc, qui a fait gîter fortement le bateau sur bâbord.
En fait, le LAUBIE s’est présenté en inclinaison très faible gauche et comme nous étions en assiette négative, il est monté sur le pont, et, après avoir replié l’avant et le dôme sonar jusqu’au niveau des portes avant des TLT, il a touché le massif, pliant au passage le périscope de veille toujours hissé, et tordant la plupart des aériens dans leurs puits. Fort heureusement, nous avons servi de tremplin au LAUBIE, le propulsant en surface, ce qui a été un bien d’autant que ce dernier avait une entrée d’eau importante au niveau des TLT.
Quand à nous, nous avons été bien entendu propulsé vers le bas avec une forte assiette négative. Nous nous sommes récupéré à 100 mètres, et entendu avec soulagement le bruit de chasse aux ballasts. Après un laps de temps et une forte assiette positive, l’arrivée en surface a soulagé beaucoup de monde !
Bien entendu nous avons fait tout de suite le rapprochement, que ces chocs successifs ne pouvaient provenir que d’une collision avec le LAUBIE et, notre première interrogation a été : « le LAUBIE a t-il fait surface ! ».
Dans ce genre d’événement, après analyse des faits, certaines réactions peuvent passer pour comiques :
- le patron torpilleur nous a ordonné de fermer les portes avant des tubes, chose que nous n’avons pu faire, pour la bonne raison qu’il n’y avait plus de volets d’étrave le compte rend laconique du patron torpilleur au central : « nous avons un problème au niveau des portes avant » !.
Peu de temps après le retour en surface, un ordre surprenant était diffusé : « le deuxième tiers pont, rapidement à la passerelle, en maillot de bain et gilet de sauvetage ». Etant du deuxième tiers, j’enfilais rapidement un short tout en pensant « ça y est, on va repêcher des gars du LAUBIE » !. Arrivé sur le pont ce qui m’a frappé c’est le grand silence, et le sous-marin stoppé sur une mer calme. Avec soulagement, j’aperçu le LAUBIE en surface à quelques centaines de mètres de nous, avec une légère assiette négative, et son schnorchel toujours hissé. Un peu plus loin, la silhouette de la gabare qui faisait route sur les deux sous-marins, se doutant bien que quelque chose qui n’était pas prévu venait de se passer. Rassuré sur le sort du LAUBIE, j’allumais une cigarette non sans mal en me rendant compte du tremblement incontrôlable de mes mains. Nous étions donc monté sur le pont, pour tenter d’amarrer à l’aide d’une aussière, la partie avant comprenant le dôme sonar, qui ne tenait plus que par une ou deux cornières.
Nous avons donc sorti « le DINGHY » et, avec un autre compère, nous voici donc en train de ramer le long du bord, entraînant l’extrémité de l’aussière, que nous avions l’intention de passer autour du dôme sonar. La mer était calme, mais un léger clapot a projeté « le DINGHY » sur les morceaux de tôles déchiquetées, ce qui a eu pour effet immédiat, de crever la moitié du canot pneumatique. C’est à cheval sur le boudin restant que nous avons pu terminer la manœuvre.
Le LAUBIE a pu rentrer à TOULON par ses propres moyens, mais avec la pompe d’assèchement en marche continue. Quand à nous, nous sommes rentrés à faible vitesse, un peu pour ne pas perdre le nez, et beaucoup pour arriver au milieu de la nuit sans trop de témoin.
L’épisode de la navigation de l’ESPADON à TOULON s’est arrêté là. A la fin de l’année, après que la DCAN nous ait fabriqué un nez peu conforme avec la silhouette habituelle des NARVALS, nous sommes revenus à LORIENT en surface.
Quand au LAUBIE, cette dernière collision après quelques autres lui aura été fatale.
Le patron du pont Seraffon,je me rappelle bien,de lui,c’était mon supérieur étant le bosco à"lunettes" du bord et au moment de ce dérapage.content d’avoir de ses nouvelles et heureux de savoir qu’il coule une heureuse retraite dans le S-O alors que moi je me la coule douce maintenant en Normandie.Il faut savoir que les sous marins m’ont marqués et impensable ce que ce site me permet de retouver des anciens du bord de cette époque.Si il a une adresse @mail serai vous gentil de me la donner Je serai heureux de dicuter avec lui . A plus tard j’espère
Vesque gaston
J’etais electricien de central au moment de la collision,le cahier à sa place sur le "gyro" à 18h ? ?minutes ;j’ai demandé au patron de central : "faut-il marquer : choc anormal ? ? ? ...." ce que j’ai écrit sur le cahier ! ! ! Le "pacha" à eu la bonne decision qui nous à sauvé :le contre-ordre "immersion 40 mètres" alors que au moment des chocs l’off en second à ordonné :" surface chasser partout" ;notre cdt le" lieut de vaisseau MARTIN " avait rapidement tout compris ! ! !(merci commandant) . Autre souvenir "au poste central" ; ordre :"fermer les cloches avant" reponse du compartiment avant : " il n’y à plus de cloches avant " .
Mon souvenir reste pour toujours pour la très grande fraternité de ce premier equipage de L’ESPADON "non non non l’Espadon n’est pas mort , car il gueule encore, car il gueule encore ..." (chanson bien connue à Cherbourg ! ! ! surtout les jours précédent notre départ pour Toulon .....(avec les compresseurs Loire et girondin en panne) ! ! !....