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2012 - Dimanche 18 mars - La Voix du Nord et Bernard SERPOLLIER dans la défense des intérêts des vétérans des essais nucléaires

2012 - Dimanche 18 mars - La Voix du Nord et Bernard SERPOLLIER dans la défense des intérêts des vétérans des essais nucléaires
article posté le 06-04-2012 à 18:02:22, par Jean-Luc DELAETER

Voix du Nord

édition de Lambersart du Dimanche 18 mars 2012

Bernard Serpollier défend les intérêts des vétérans des essais nucléaires

LE VISAGE DU DIMANCHE

Sous-Officier (*) de la marine nationale engagé dans le Pacifique Sud, le Lambersartois Bernard Serpollier avait vingt ans lorsqu'en 1966 la France procédait aux essais nucléaires à Mururoa et Fangataufa. Il est aujourd'hui président de l'association des officiers mariniers de Nord-Artois dont les 170 adhérents veulent que soit reconnue par l'État leur exposition éventuelle aux risques de contamination.

Une bombe placée dans une nacelle suspendue par un ballon et treuillée à environ 100 mètres au-dessus d'une barge ancrée dans le lagon... De 1966 à 1974, la France expérimentait les effets de l'arme nucléaire par voie aérienne dans les atolls de Mururoa et Fangataufa. Les essais seront ensuite souterrains jusqu'en 1996. Puis la France aura recours à la simulation.

En explosant au-dessus des eaux du lagon, la bombe formait un nuage, qui, en retombant, irradiait l'ensemble de la zone. Les personnels avaient été mis à l'abri en haute mer ou dans des blockhaus. mais ensuite lorsque les militaires revenaient sur les lieux, l'air, la terre, et l'eau étaient forcément contaminés. Cette réalité-là, Bernard Serpollier, militaire de carrière, l'a vécue durant cinq années.

« Nous n'étions pas très conscients des dangers inhérents au nucléaire à cette époque. Et puis nous étions formés. C'était notre métier, c'était un risque comme un autre, pas plus inquiétant que le feu, une voie d'eau, une explosion et autres dangers de la vie embarquée », se souvient l'ancien officier marinier.

Et bien évidemment, pas question de se défiler pour ces hommes de la mer éduqués dans les valeurs du travail bien fait et de la maîtrise de soi.

Aujourd'hui, avec quelque cinquante années de distance, Bernard Serpollier se dit heureux « d'avoir la chance d'être en bonne santé ».

Mais il pense à tous ces vétérans, qui, malades, ignorent que la cause de leur cancer est due aux séquelles d'une exposition plus ou moins forte aux radiations. Et puis l'ancien maître principal qui a servi sur le porte-avions Clemenceau, engagé dans l'océan Pacifique lors des tirs nucléaires, songe aussi à ceux qui veulent faire reconnaître leurs droits.

En 2010, la République a fait un premier pas. La loi du 5 janvier reconnaît un statut de victime au personnel exposé aux essais nucléaires. Mais pour les vétérans et les associations qui les défendent commencent une longue marche. Pour être indemnisé, il faut prouver le lien avec la maladie et la dose de radioactivité reçue. Ce qui n'est déjà pas simple. Et, même dans ce cas, le comité d'indemnisation se réserve le droit de décider si « le risque attribuable aux essais nucléaires » est « considéré comme négligeable ». Ou pas.

Enfin, encore faut-il que la maladie radio-induite dont souffre le vétéran soit répertoriée. L'État français en a retenu dix-huit. Les associations en dénombraient vingt et une... bref « plus de deux ans après le vote de la loi », déplore-t-on chez les officiers mariniers, « 99% des demandes d'indemnisations aboutissent à un rejet. » Dans ces conditions, comment Bernard Serpollier conçoit-il son rôle de président ? Lui qui a repris ce poste parce qu'il n'y avait « aucun volontaire pour prendre la relève » et « qu'un officier marinier digne de ce nom se devait de relever le défi ».

« Au sein de l'association de Nord Artois, nous avons vocation à rassembler et à défendre les intérêts moraux et sociaux des officiers mariniers et c'est notamment le cas de ceux qui ont été exposés et sont victimes des essais nucléaires. » Malgré sa participation aux activités de sept autres associations dans la région, Bernard Serpollier aura-t-il assez de temps ? « Je pense que je n'ai pas le droit de ne pas le prendre, ce temps. » •

Par Carole MOCELLIN

(*) "Officier" définition de corps erronée sur l'édition de La Voix du Nord, corrigée par nos soins)

Cliquez ci-desous pour visionner le "Rapport sur les les incidences environnementales et sanitaires des essais nucléaires effectués par la France entre 1960 et 1996 et éléments de comparaison aves les essais des autres puissances nucléaires"

(N°3571 Assemblée Nationale)

(N°207 Sénat)

 

 

 

 

 
1 réaction
2. Le 09-04-2012 à 19:34:13 par Serpollier :
A l'attention de Jean luc et José,
Bravo et merci pour la qualité de présentation de l'article quine s'avèrait pas facile à partir du journal.
Cordialement.
Bernard
 

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